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Abbaye d’Aulne : un saut dans le passé

L’abbaye d’Aulne est située à Gozée.

Les origines

La légende de Landelin (en 657)

Saint Landelin est né aux environs de 613 et est originaire de la région de Bapaume dans le nord de la France. On dit de lui qu’il était un brigand devenu ensuite ermite. On lui doit la fondation de différentes abbayes dont celle de Lobbes.

On le célèbre également chaque année le 15 juin.

Il vient d’une famille noble franque et est baptisé à dix ans. Son parrain (qui sera plus tard Évêque de Cambrai) lui inculque l’éducation chrétienne jusqu’à son adolescence.
Malgré des études brillantes, ils les arrêtent donc pour aller vers le brigandage durant quelques années sous le pseudonyme « Maurosus ».

Il quitta ce milieu suite de la mort fracassante d’un membre de son groupe mais aussi parce qu’il a eu une vision de l’enfer. Dès lors, il redevient honnête en se dirigeant vers un Monastère et commence sa vie d’ermite.

Le fondateur de l’Abbaye d’Aulne est Saint Landelin, il était de l’ordre des bénédictins.

L’abbaye de Lobbes Francon Saint-Ursmer, les Vikings au 9è et 10è siècle.

Suite au départ de Landelin pour fonder ce qui sera plus tard, Aulne, l’Abbaye de Lobbes n’est plus dirigée par un supérieur. Il se trouve donc sur le déclin.

Mais le seigneur de Lobbes, Hydulphe, demanda à Ursmer (né en 644-645 à Fontenelle) de reprendre la gestion de l’abbaye. Pour ce faire, Hysulphe fera don de tous les biens matériels et Pépin le Vieux des terres de Forestaille.

Les Vikings furent aperçus le long de la Sambre vers 882. Les moines de Lobbes et Aulne ainsi que les habitants sont allés se réfugier dans le château de Thuin. Aulne, ainsi qu’une grande partie du pays, sera dévastée par les Vikings. A l’heure actuelle, plus rien ne subsiste des tous premiers monastères de Lobbes et Aulne.

1147, arrivée des cisterciens

L’arrivée des cisterciens fait suite à l’offrande de l’abbaye d’Aulne à Saint-Bernard. De ce fait, le Prince-Evêque Alberon annule le diplôme qui a été donné en 1144 aux anciens religieux, qui eux, préférèrent le chemin des chanoines de Saint-Augustin.

On dit aussi que les chanoines n’avaient pas un train de vie fort spirituel. C’est donc ainsi que le 03 décembre 1147, les cisterciens arrivèrent.

Et ces derniers n’avaient pas une très bonne image des chanoines.

Et bien que tout ceci ne se fait pas sans heurts, l’ordre cistercien fut bien confirmé à deux reprises, en 1158 et 1205 (suite à un procès intenté par des habitants) par Henri II de Liège afin que l’abbaye d’aulne devient un monastère sous cet ordre.

Bernard de Clairvaux

Né en 1090 tout près de Dijon, il est un moine bourguignon et est l’instaurateur de la réforme de l’ Église catholique.

Il promeut de manière forte d’ordre cistercien. Tout au long de son existence, il apprend aux moines de Clairvaux comment émouvoir et entraîner les foules afin que son ordre monastique soit considéré comme une référence de l’Église catholique.

1098, fondation Novum Monasterium Cistel Citeaux

L’abbaye de Citeaux, située dans le Duché de Bourgogne, a été fondée par l’Abée de Molesme, Robert de Molesme.

La construction débuta en 1124 pour se terminer en 1193.

Bernard de Clervaux entre dans l’abbaye de Citeaux avec sa famille et ses proches. C’est de lui, une nouvelle fois, que l’on doit la renommée de l’Ordre Cistercien dont l’abbaye sera un point névralgique.

Qui sont les Cisterciens ?

C’est un ordre monastique de droit pontifical. Cet ordre était au-devant de l’histoire religieuse au 12è siècle. Il est très présent dans l’Occident. Elle a permis de faire « progresser à la fois le christianisme, la civilisation [occidentale] et la mise en valeur des terres ». Elle est approuvée le 23 décembre 1119.

En 1586, alors qu’un nouvel abbé vient d’être élu, Dom Lupin, l’abbaye est, dans tous les sens du terme, très mal en point.

Il faut savoir que l’abbaye fut plusieurs fois saccagée au cours de son histoire.

L’âge d’or

Le second âge d’or de l’abbaye d’Aulne se situe dans le 18è siècle, plus précisément dès le début des années 1700. (Le premier était lors de l’arrivée des cisterciens, fin du XIè siècle)

Cela commence dès 1708 et l’élection de l’abbé Maur Carion. Grâce à lui, une paix est retrouvée et les dettes sont intégralement remboursées avec même un dégagement de 53 000 florins. Cependant, il décède le 12 juillet 1728.

Grâce à de très bonnes finances, son successeur, Barthélémy Louant, élu le 12 août 1728, entreprend de très grandes rénovations.

Il faut dire que beaucoup de bâtisses n’ont plus été rénovées depuis plusieurs siècles. Les travaux vont durer 3 ans. De nouveaux bâtiments font également voir le jour.

La fin : 1794

On peut dire que la fin commence en 1790 lorsque l’abbé Gérard meurt le 18 août de cette même année. Cependant, il a fallut deux mois – qui ont été tumultueux – pour qu’un nouvel abbé, en la personne de Norbert Herset, soit nommé.

À cause de la révolution liégeoise, entre 1789 et 1791, elle a grandement affaibli l’abbaye durant deux années, en 1790 et 1791.

Ensuite arriva, dès 1792, des troupes issues de la révolution française. L’abbé s’exila deux fois, la première entre novembre et décembre 1792 et la seconde de mars 1793 à Pâques 1794.

Peu après son retour, alors qu’il occupe l’abbaye avec quelques moines, le samedi 10 mai 1794 annonce l’arrivée des révolutionnaires français. Ils ont tout juste le temps d’entasser des objets précieux et de fuir vers Fontaine-l’Évêque, car 4 jours plus tard, le 14 mai, l’abbaye est incendiée vers 15h00 par le général
Charbonnier. La raison est que l’abbaye pouvait servir à l’ennemi. Il n’en restera que des ruines.

De 1794 à nos jours

Tentative de reconstruction

Les moines reviennent à l’abbaye six mois après son incendie, le 18 novembre 1794. Une fois sur place, ils constatent les dégâts. Dom Rucquoy fut le premier à rentrer.
Bien que l’incendie a fait beaucoup de dégâts, quelques bâtiments fut préservés comme une résidence où les moines passeront l’hiver, faute de mieux. Néanmoins, il a été tout de même saccagée par le général Charbonnier qui avait entretemps établi son quartier général et avait laissé des traces ça et là de son passage.

Dès mars 1795, quelques travaux de restaurations furent entrepris. D’abord en rétablissant les portes de l’enceinte qu’il fait garder.

Ensuite, une chambre est temporairement réparée.

En juin, les travaux de restauration s’accélèrent, et se traduisent par la découpe de bois qui sera utilisé comme charpente pour différents lieux de l’abbaye qui avait le plus souffert de l’incendie.

Globalement, ils protègent, consolident, refait un peu de maçonnerie, mais toujours avec un souci d’économie… Pas de belles toitures, juste des toits à deux versants.

Ensuite, différentes restaurations ont lieu ça et là, et l’aménagement pouvait commencer. Plafond, portes, fenêtres, escaliers, tout y passe.

Ils retrouvent à différents endroits dans Thuin et Lobbes, les meubles qui ont été emportés lors du pillage.

Le plus gros des travaux a été fait entre juin 1795 et octobre 1796.

1856, ouverture du home Herset

On lui doit son nom au dernier abbé d’Aulne, Dom Herset (de son vrai nom Michel Herset), qui ouvre en juin 1856 dans les bâtiments qu’ont laissés les derniers moines.

1869, construction église Saint Joseph

Sa construction débute donc le 1er décembre 1869 à l’endroit exact où se situait, autrefois, l’entrée principale de l’Abbaye. Son ouverture (et donc sa bénédiction) a lieu presque 4 ans plus tard, le 10 septembre 1873.

Le tourisme

Son devenir

Il y en a eu des promesses de renaissance de l’Abbaye au fil des années. Mais on vois des avancements dans le dossier et tout ceci a été possible grâce à un mélange entre les opérateurs privés et pouvoir publics.

Cela est dû aussi à un concours de circonstances comme la fermeture du home, la retraite du fermier et la fin de bail de la ferme de l’abbaye qui ont favorisé cette renaissance.

Il a fallu 10 ans de négociations pour que la situation se débloque. Le 14 octobre 2016, le ministre du Patrimoine, Maxime Prévot, annonce que la Région Wallonne débloque un budget de 15 millions d’euros, à raison de 1.5 million par an sur dix ans pour la restauration du site mais pour préserver et non reconstruire les ruines.

95% des travaux sont à charge du budget alloué et les 5% restants sont à charge du nouveau propriétaire, à savoir le Commissariat Général au Tourisme.

Le 21 octobre 2016, le site change de propriétaire et passe de la Commission Herset à la Région, le tout pour un euro symbolique.
Idem pour tous les biens restants, qui passe de la Commission Herset au CPAS de Thuin et, comme mentionné dans le testament du dernier abbé, servira au plus démunis.

Mais pas que… 1 million d’euros – dont le Fonds Feder interviendra à hauteur de 400 000€, le reste étant à charge de la ville de Thuin – servira à la création d’un parking.
L’inauguration de ce dernier devrait intervenir vers 2023 car le Fonds Feder vient à échéance en 2020.

La partie visible, actuellement, se traduit par la protection des espaces à risque via l’installation de barrières.

L’abbaye accueille désormais des événements culturels, via une convention, à destination des associations. Les premiers événements accueillis sont « Juillet Musical d’Aulne » et « La confrérie des Chevaliers d’Aulne ».

Le moulin sera également rénové et servira d’accueil pour les visiteurs et une boutique y verra également le jour. Elle sera prise entièrement en charge par le CGT qui injectera, pour ce faire, 1 200 000€, qui est en bonus aux 15 millions déjà octroyé.

Les organismes privés, eux aussi, contribuent à ce renouveau. Premièrement par la construction de nouveaux bâtiments afin d’y installer la brasserie dans le zoning de Thuin-Lobbes. Le but final est d’arriver à exporter la bière thudinienne. Et les locaux de Aulne serviraient à présenter les différentes bières dans une taverne.

La ferme de l’Abbaye qui, elle, a été épargné de l’incendie de 1794, subi une rénovation profonde. Outre le nettoyage du site et des quelques réparations, un parking paysager y sera aménagé.
La grange sera dédiée à un espace culturel et une salle de réception. On y trouvera des logements de tourisme.
Le tout sera terminé, si tout va bien, pour 2020.

Le home et l’église ne sera pas oublié. Un entrepreneur de Charleroi à déposé une offre de 570 000€ pour racheter les deux sites afin d’y ériger un hôtel quatre étoiles et un centre de bien-être. La réparation du carillon de l’église est également au programme.
Une auberge a été ouverte avec un hôtel de six chambres et une brasserie.

Liens utiles :

www.abbayedaulne.be/fr

Sources :

DEMOULIN, Claude. Aulne et son domaine. Claude DEMOULIN, 1980. 419p.
DEJARDIN Pierre. Aulne, le temps est venu. Sambre & Heure, septembre 2017, n°135. pp 28-35.
Abbaye d’Aulne. 04 octobre 2018 à 18h46 [Consulté le 06 janvier 2019 à 17h40) Disponible sur https://fr.wikipedia.org/wiki/Abbaye_d%27Aulne#De_1794_%C3%A0_l’%C3%A9poque_contemporaine
Bernard de Clairvaux. 24 décembre 2018 à 18h53 [Consulté le 06 janvier 2019 à 17h30) Disponible sur https://fr.wikipedia.org/wiki/Bernard_de_Clairvaux
DIFFERENTS AUTEURS. Landelin. 31 décembre 2018 à 23h49 [Consulté le 05 janvier 2019 à 21h20) Disponible sur https://fr.wikipedia.org/wiki/Landelin
Ordre cistercien. 11 janvier 2019 à 00h06. [Consulté le 06 janvier 2019 à 17h50) Disponible sur https://fr.wikipedia.org/wiki/Ordre_cistercien
Abbaye Saint-Pierre de Lobbes. 31 décembre 2018 à 22h21. [Consulté le 09 janvier 2019 à 18h36] Disponible sur https://fr.wikipedia.org/wiki/Abbaye_Saint-Pierre_de_Lobbes#%C3%80_partir_du_XIIIe_si%C3%A8cle
Collégiale Saint-Ursmer de Lobbes. [Consulté le 09 janvier à 18h45] Disponible sur https://fr.wikipedia.org/wiki/Coll%C3%A9giale_Saint-Ursmer_de_Lobbes

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